I love, huh hate, huh love Boston.


Y fait super beau en ce 18 avril, à Hopkinton.

Je fais partie des chanceux qui se qualifient pour le marathon de Boston.

C’est ma troisième participation.

J’ai fait 3h06m07s en 2011, 3h09 l’an dernier.

Cette année je vise un Pb, 3h05. #runbold qu’ils disent à Boston.

Ça me frappe, les (nombreux) bénévoles souhaitent aux coureurs « have a great run » pas « have a great race »

Bien que j’aime courir sur la route et faire des marathons, je préfère, de loin courir et faire des courses en sentier.

C’est relaxant, on se casse pas la tête avec le chrono … ni le rythme au KM.

Bon bin là on est sur la route, je veux faire un PB alors j’ai un plan de match.

Après l’hymne national où je m’imagine sur la ligne bleue au TD garden avec René Rancourt qui chante, on s’élance !

Curieusement, ça ne bouchonne pas, contrairement aux autres années.

Je prends le rythme, ça roule bien, objectif atteint au 5k, idem au 10k. Ça roule bien, les jambes sont bonnes, mais (*&)?*&) qu’il fait chaud.

Je me plains tout le temps au final, quand y fait trop frette, y fait frette, mais là y fait chaud. 20C; un gros soleil et je ne suis pas habitué.

Je pense à mon voisin d’autobus scolaire, qui, habillé comme un ours ce matin avait peur d’avoir froid. Il vient d’Austin, Texas. Kangourou, pantalons coton ouaté, gants, tout y est.

Pour ma part je suis en vêtements de course, avec une mince courverture de survie au cas.

On est bin.

Alors au 10e mile, je décide de lever le pied, j’ai trop chaud, le radiateur fonctionne à plein, mais j’arrive pas à refroidir.

C’est clair que je ne ferai pas un meilleur chrono, et comme je ne reviendrai pas à Boston l’an prochain, ça ne me donne rien de forcer la machine et d’aller chercher un chrono.

Je me dis que j’entrerai tranquillou en 3h20; 3h30.

J’ai quand même une course de 50 k dans 12 jours, le North Face Endurance Challenge à Bear Mountain, NY.

C’était sans compter ma hanche droite qui décide de me faire payer ma bière en trop, ma crème glacée et les fois ou j’ai sauté un entraînement cet hiver.

Oh boy, les 7 derniers miles ont été pénibles.

J’avais comme une broche de méchoui enfoncé dans le creux de la hanche.

J’ai pas mal marché, j’ai couru des bouts, la foule était tout simplement incroyable.

J’avais pas mal de compagnons d’infortune qui marchaient des bouts.

Sur les 4 derniers miles en fait, tu ne t’entends pas. La foule n’arrête pas de crier.

Des gens t’encouragent personnellement.

-« C’mon 7471, saddle up you can do it. »

Pis tu repars.

Autant j’en ai haïs des bouts, autant j’aime cette course.

La tradition, le prestige, mais surtout, surtout, les Bostonais.

 

 

 

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Pour mon ami Normand

« You start as a runner. You finish as a Boston Marathoner. »

Salut Normand,

J’ai couru 2 x Boston, à chaque fois c’est magique.

J’ai fait une tonne d’erreurs, j’ai appris pas mal.

Tu m’as demandé mes conseils et observations. Alors voilà.

1) Une bouteille de Gatorade tu traîneras au « corral » Une envie de pipi est inévitable. Y a pas beaucoup de toilettes, y a beaucoup de policiers qui surveillent. Fait juste pas comme moi: http://wp.me/p3Kujw-6B

2) Savoure le moment où tu passes la ligne de départ ! Tu feras désormais partie de cette belle aventure de 26.2 miles, et de la riche histoire du marathon de Boston.

3) Ça part mollo. Longue descente, effet slinky, ça jamme dans la descente. Reste calme. Profite des bands de garage pis du party sur les pelouses.

4) Après 5 km, ça s’étire un peu … prend ton rythme, ne donne pas de coup pour reprendre le temps « perdu » au départ.

5) Fais-toi une bonne stratégie de ravitaillement, n’y va pas au pif.

6) Le premier demi passe tout seul, à Wellesley, les collégiennes font des bisous, fais ce que tu veux, mais j’ai vu des coureurs arrêter sec, entraînant des chutes spectaculaires. Si tu ne veux pas de bisous, tiens-toi à gauche de la route.

7) Entre le 15 et le 18e km, ça monte un peu, reste calme, garde un effort constant, ta vitesse va baisser.

8) Entre le 18e et le 26e, ça descend pas pire. Garde un effort constant, fais attention de ne pas t’exploser les pattes dans la descente du 24e k.

9) À partir du 26e, les côtes de Newton commencent. la première est costaude, y risque de faire chaud. Garde un effort constant, ne fait pas trop monter le moteur. C’est tough la première côte, car on est encore en forme à ce moment, on a le goût d’y aller fort…

10) La 2e côte est à la station de pompiers. Y a du monde l’ambiance est extraordinaire, le pitch est court et à pic. Garde-toi de l’énergie car ça descend bien entre le 18 et le 19e mile.

20) Un autre kicker après le 30e reste calme.

21) Au mile 20.5, heartbreak commence, les jambes ont leur claque, il fera chaud, utilise bien les techniques vues au CTLC, relaxe, tu ne veux pas exploser. Heartbreak m’a toujours brisé le coeur, j’ai explosé 2x. Hearbreak est une salope.

22) À Boston College, prend un bon respire, tu as franchi les côtes de Newton, fonce, mon vieux, fonce ! La foule est en feu !! Tu passes près de Fenway, tu entends l’annonceur « batting 4th … »

Allez, fonce mon vieux, y reste 2 mini kickers, aplati-les, you are BOSTON STRONG, nourris-toi des cris de la foule, oublie les ravitos du 25e mile, allez mon vieux, pour Michel, pour les amis, mais surtout pour toi.

23) Mile 25.2; la pancarte Citgo, y reste un mile ! SHUT UP LEGS. Dévale Beacon, après le dernier petit viaduc, ohhhhhh que cette butte est dure. SHUT UP LEGS.

24) Rue Hereford, y a du monde, c’est fou, ça fait du bruit, tu viens de frapper un Grand Chelem pour les Red Sox.

25) 800m de Boylston et tu y seras, tu revis les 25 dernier miles, et ah! peut-être aussi toute ta progression de coureur.

26) Tu as une pensée pour le gamin et les autres en passant devant le spot de l’explosion en 2013.

26.2) Ligne d’arrivée mon vieux, félicitations tu as terminé le marathon de Boston.

BEER TIME 🙂

Stage 1 Life, transitions and ‘Nooga

D’habitude, j’écris en français, Cette fois je le ferai en anglais. Dans ma tête ça se passe dans les deux langues. parfois une troisième quand je suis bonké.

I usually blog in French. This time out it’ll be in English. Storyline in my head is in both language. Sometimes a third, when I am bonked.

« Can you believe we’re actually leading this thing ? We have no business to! » me to Baker.

« Let’s enjoy my friend, we’re gonna pay ». Baker, laughing.

In my 3rd appearance at the Chattanooga mountains stage race, I am thrilled, and surprised to be leading after 5 miles.

My race plan was to get a bite out of the holeshot. I did, and I’ve been riding it with Baker in tow for a while.

True that the race seems to be in a transitional period. Rock Creek race team isn’t here. The usual greyhounds, Riddle, Mueler and company are absent.

The race, still run by the same RD (more on him later) has a different smell this year.

Very likely this is the last time ever I am leading this race. So I enjoy it to the max, even though there will be hell to pay later on.

I exchange pleasantries with my friend, which I was reunited with yesterday.

Picking up like 5 days happened between the last time we saw each other, Not 360.

« lève tes osties de patins » I yell at him when roots are nipping at his toes.

I’ll explain him the meaning of it later on. For you, readers, you’ll find it it « Slapshot » the great Paul Newman classic movie on hockey.

So,  3rd time doing this race, why a lightbulb pale dude from Quebec, and his sweet french girlfriend, run this race?

First, my recent life is somewhat interlocked to Chattanooga. In ’09 I quit my mountain bike racing « career »,  out of boredom, been there done that after 15+ years racing in Quebec.

Looking for something different, there was this « new » sport (as if our ancestors never ran in the forest)  developing quite fast in the province.

I tried it, and instantly fell in love with it. The forest, the rush of the single track, new friends, new stuff.

In 2010, I was fortunate and lucky enough to be part of the Transrockies stage race, running, and crawling for 6 days in oxygen-deprived Colorado

During that summer I read an article in trail Runner magazine about the Stumpjump.

A great story of the event, and two runners, Josh Wheeler and Nick Selbo.

It was immediately on my bucket list.

So, August 2010, Buena Vista, CO.

After a nice training run, my then brother-in-law, and still friend, Junior Maheu pulls me by the arm and drags me into the cold creek.

I hate cold water, and I know nothing about the trail running culture.

We meet 3 nice fellas, yup you guessed right, Nick Selbo, with Dawson and Josh Wheeler.

We had a ton of fun over the week, met great friends, Alex and Gael namely. We exchanged jersey with the R/C crew and all that good stuff.

Comes winter 2013, my personal life in a whirlwind. My mental and emotional health aren’t doing too good. In fact, for various reasons my self esteem is sh*t.

On a whim, I register at the Chattanooga stage race, travel alone and land at the Crash Pad.

Over the next few days I make friends, some of whom, like Baker, I know will be lifelong friends.

After a few days, in which I felt welcomed, appreciated and even, how shall I say … loved,  by the running community  (ah! hearing my name going up Suck Creek … Looouuuuccccccc as it was a running gag between me and Matt, that tall fast kid from Memphis, was priceless.)

I came back home with a new lease on life.

I am quite sure that I found strength to face what would come up, the inevitable divorce and all the sorrows, in the old battlefields of Tennessee.

So the rest of stage one goes on, I clip a root at mile 6, land on a knee, no biggie, I finally ease on the throttle. Rest of the stage is the usual Raccoon Mountain.

Usual as if you’re usually having caviar for breakfast, It is amazing, fast and curveous.

At mile 14, I see Baker, who rolled an ankle. Darn.

The course is a  little longer that I remember, I finally cross the line, in about the same time as last year’s even though my form is much better, could it be the heat ?

My head starts spinning, quite a bit.

I dip into the cold pool, for once it feels soo00000 good.

Massage, a great post race meal of rice, avocado, smoked chicken and bacon complete the deal to total happiness.

Evening is filled with a bike ride, and, as life would have it, running into Josh Wheeler in a sushi restaurant on the North Side..

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Stage 3 The heat, the heat, and well …. the heat.s

So hot that birds are using oven mits when picking up worms from the ground – Unknown.

I was talking about transitional period earlier on.

This race has been part of my transition as a man. This race is in a transitional phase.

While nobody told me anything, I can understand some of the changes.

We’ve had such splits in our area. I guess it’ll all for the better.

I used to be the head coach for our trail running club, one the biggest in Canada.

For various reasons, I decided to quit.

I still go and have a lot of friends over there. Of course the club is taking a direction in which I am not taking part into, by choice, and it’s all good.

Off to another transition.

Life is teaching me that these splits are forcing you into these transition periods, which forces you out of your comfort zone. you have to get creative, new mindset, bringing the best out of everybody.

My form has been pretty erratic in the last few years, not being able to or willing to train regularly, and finding pleasure in it.

This year is different, I know I have a lot of progress to make, and I also know I am on the wrong track.

The last few races I have done ended in a medic tent or being quite dizzy.

Not that much fun.

So as sweat is dripping from my left elbow BEFORE the start, I elect to take it easy today.

It is hotter than I have ever seen here in TN.

I start real easy, running alongside sweet Anne Roisin, my love. Hey ! It could be agreat day, running together. So I follow her, at Signal mountain, on the same trails that the Stumpjump use.

I am beaming.

So  much ground has been made in the last few years, and now I am running to Edwards Point ridge with my great love.

It is magnificent.

Anne is strong, runs effortlessly, we manage to run together, and cheer each other up as the inevitable loss of energy arrive.

It is soon hot. Really hot and humid. Chunky soup thick humid.

I feel like a flea running into a damp dog.

I have the time to think about my training, what I want to do, where I want to go with it, I’ll be changing some stuff, big changes, all mentored by my friend Kenny, a 25 years old whiz kid. Wise beyond his years.

So this last stage goes all well … until heat exhaustion gets the best of me with about a mile to go. BAM.

I get to the line, hug my sweet girlfriend who pulled all the way and head out to the icy pool for a good half hour.

It’ll take me a another hour to get my senses back.

Meanwhile, Baker,  with his bum ankle all taped up, ran strong and hard to a great race. Very, very impressive and inspiring.

Baker just became a verb:

The action of doing something great, with grace & humility under difficult circumstances.

To Baker McCool.

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http://www.werunhuntsville.com


Stage 2 The long run, beer and family.

Luc, you look like a happy man ! Kris Whorton.

Randy Whorton is the Race director of this, and many races in the area. He’s head of Wild Trails, a non-profit organisation doing great stuff .

A great business model, which will inspire me in the future.

It’s fun on how two persons, who don’t know each other, who live many miles apart, from different cultures, can be so alike.

We have our Randy here in Quebec. His name is Dan. Same attitude, same I’ll get it done drive, same let’s-double-check-my-shoulder-blade-if-it-is-still-in-place handshake, same attention span, one of a Red Bull-fueled squirrel.

So Randy goes and goes, gets things done, and Kris, quietly do a ton. They make a great pair.

So we’re on, after a great rendition of God Bless America.

22 miles in the land of Ray Charles, some sweet single tracks, nothing too steep and a sweet creek crossing at the end.

My plan is to run the up to the Covenant aid station, and race it back.

The trip up is eventless, I get to run with Alisha Edminston, a great runner from team Hooka One One and Elizabeth.

The forest is quiet, birds are chippin’, clouds are in, thankfully.

I reach the aid station, after a running some miles with Matthew.

I am so glad clouds are protecting us. The way up to the tent is long and exposed.

Last year, Micheal Scott was berating me.

Oh here is our Canadian boy, hey there is no snow today, it must be verrrryyy hot for our Canadian.

Yes it was.

I do miss Micheal this year.

The race goes quite well, time flies, I am back to the final aid station, I run the last part with Victor, a kid who’s getting ready for his first 100 miler this fall.

We trade pulls, up until the river where my tired body eases up and I easily jog the last hundred yards.

Today is better than Xmas morning ! I get to jump in the creek and down a sweet local beer.

Baker, and Anne come in. Baker is super happy ! His family and friend Steve made a surprise visit.

Ha ! It gave him wings as he ran the whole last 7 miles, on tired legs, bum ankle and all on this great great day.

Massage, food, nap and a long ride on the Tennessee River bike path close out the day.

How can you NOT love this ?

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Le luxe, la neige et l’autocuiseur

T’sé quand t’es dans ta bulle et que tout ce que tu penses c’est où tu vas déposer ton pied !!! En fait non, tu n’y penses même plus. Eh! bien c’est ça.- Chantal Belhumeur

Les dernières semaines m’ont fait réaliser que la course à pied, c’est un sport luxueux.

Non pas parce que ça prend de l’équipement bien dispendieux. Oui, une paire de chaussures à $125.00 ça tombe pas des arbres, mais quand tu compares au vélo, au ski ou autre, c’est des pinottes.

Alors les dernières semaines ont été consacrées à la préparation du Xtrail Sutton, quelques bons trainings, une solide sortie dans le Sentier des crêtes, mon terrain de jeu préféré.

Le weekend précédent le Xtrail, Anne et moi avons fait une sortie de reconnaissance à Sutton … Sous la neige.

Ça fait un bail que je ne me suis pas préparé pour une course comme ça.

Matin du départ, je suis un peu fébrile, nerveux, c’est probablement autour de ma 300e course à vie, et je ressens de nouveau ces papillons.

Après un bout à être heureux d’être sur la ligne de départ, j’ai de nouveau une stratégie de course, avec un objectif. (Que je n’atteindrai pas).

Le monde de la course de trail a beaucoup évolué en deux ans, la profondeur est au rendez-vous. Le calibre y est également.

Faire un top 10 overall serait un exploit pour moi en ce moment.

Sur la ligne de départ les gros moteurs y sont. Gareth, à notre surprise porte des souliers de trail. Faut dire que d’habitude il court en vieux Asics de route, usés. T-shirt blanc, shorts vertes.

Là, il est en chest, il fait chaud et humide, très chaud même. Gareth a dans sa main un flacon de 150 ml d’eau. C’est tout.

Il finira 2ème overall, lui qui a gagné l’épreuve à quelques reprises.

Après le traditionnel « Enter Sandman » le départ est donné.

Le peloton s’étire rapidement, ça galope solide en avant.

Je demeure calme, d’ailleurs c’est ma stratégie pour la première partie de la course.

Première partie que j’ai la chance de faire en compagnie de Sarah Bergeron-Larouche. Elle ne connaît pas du tout le parcours du 23k. Je lui décrit un peu ça. Tout en restant conservateur dans les montées.

Y fait chaud. C’est humide.

Le parcours de Sutton est très technique et exigeant. Je l’aime beaucoup.

Avec le printemps mouilleux qu’on a eu, il est bien gras et juteux. Comme j’aime.

Dans les premières longues descentes je me laisse aller, je passe proche de l’échapper et de me casser la gueule à deux reprises, mais redresse le tout à temps.

Étonnement, ça me mets en confiance, je suis totalement « là » je ne pense à rien, focus total.

Le bonheur.

Le silence entre les deux oreilles, à l’écoute de mon corps, de la trail, des oiseaux, du bruit de mes pas et ceux des autres coureurs.

Et de la tite voix de Sarah.

Je l’ai largué dans une longue descente, mais je ne me fais pas d’illusions, je sais qu’elle reviendra.

Comme de fait elle est là, une foulée ou deux derrière moi.

-« Tu me dis quand tu veux passer »

-« Ok, ici »

Je me tasse un peu et prend le sillage de l’elfe de la vieille capitale. Je tente de la suivre le plus longtemps possible, nous dévalons le singletrack à bon rythme.

On se croirait dans un film de Salomon, où l’on a la chance de voir les meilleurs.

Moi je suis aux premières loges pour une dizaine de minutes, une longue montée et elle s’envole.

Je me suis promis de me lancer dans le lac froid au 12ème km. J’y arrive enfin.

Ça fera du bien de se rafraîchir, d’enlever la boue et la sueur, les derniers descentes casse-cou ont laissé des traces.

Au 14e k, j’arrêterais ça drette-là. Claqué, j’ai chaud, je suis étourdi, je marche, je trotte, ça dure un bon km, j’avance pas vite, mais je me parle.

Avec des mots d’Église.

La santé revient, je passe des explosés, je continue de pousser, l’énergie revient.

Je pense à Normand, Michel et Alain, 3 gars qui ont atteint leur qualif pour Boston lors du marathon d’Ottawa la semaine précédente.

Les gars ont dû garder le rythme, contrairement à la trail, le chrono avance impitoyablement sur route, insensible aux baisses de régime.

Ok, il reste quelques kms, je donne tout ce que j’ai. Je sais que dans notre quête de rien, y a Jérôme et d’autres qui ne sont pas loin derrière.

Dans la dernière longue descente, je grogne tellement ça cogne et ça fait mal, enfin la ligne arrive.

Je termine, crevé, heureux, en 2:31 autour de 20ème.

Je sais que je suis capable de mieux, mais la forme s’en vient, j’ai fait une belle course, ne commettant que quelques erreurs.

Pendant que je suis au medic, (chute de pression) ma petite chérie arrivera en 3ème overall chez les femmes.

La vie est bonne.

Un peu plus tard je reverrai Charlélie et Hugues, que j’appelle affectueusement mes neveux autour de quelques canettes bien froides.

Ah oui ? Pis le luxe ?

Quand tu as le goût de te pousser, de te « faire mal » et d’aimer ça, bin ta vie doit pas être trop pire.

Prochain stop: Chattanooga Stage Race, ce weekend

La trail, la bouette et la vie mon vieux.

 

Success is not final, failure is not fatal: it is the courage to continue that counts.

– Winston Churchill

 

Bon bin, le mois de mai a été passablement occupé. Voilà déjà plus d’un mois que la saison de trail est lancée.

J’aime courir l’hiver, la raquette, le ski c’est le l’fun, mais y’a rien comme courir, ou rouler dans le bois.

Les sensations, l’odeur de la forêt.

Le pin, les feuilles mortes, les feuilles naissantes, d’un vert tendre.

Côté course, le 9 mai j’ai participé à l’IRCM sur le Mont Royal.

Organisé par l’ami Steves, le 10 k est côteux et rapide.

Alors c’est pas trop compliqué, tu accotes l’aiguille du moteur sur la pin pis tu vois combien ça tient de temps. Si à un moment donné tu te sens confortable durant l’épreuve, y a un problème.

Je ne sais pas trop à quel rang j’ai terminé, les fusées David, Raph et Thomas ont fait le podium. Ma petite chérie ramassant la médaille d’argent chez les dames, derrière Claire, l’amoureuse de David.

Côté chrono, très content, pas mal dans les mêmes temps que le 10k de Ville St-Lo, sur route et plat. C’est vrai qu’il venait à écorner les bœufs mais bon.

Autant le doute peut s’installer insidieusement dans la tête du coureur, le faisant douter de sa forme, cette fois-çi, je me demande si ça serait pas un début de forme.

Après quelques années à m’entraîner un peu n’importe comment au gré de la vie et de la santé, batinsse, serais-je sur un début de forme ?

Quelques bons entraînements avec le Club de Trail, une couple de belles sorties avec Anne, dont la loop du Mont-Chauve et le nouveau singletrack au parc du Mont Orford, la SEPAQ a fait un travail génial, vraiment à faire, amis trotteurs.

Dimanche dernier je décide de tester ma forme un peu. Le Sentier des crêtes. Endroit que j’adore, que j’ai délaissé un peu au cours des dernières années.

Ah! J’ai déjà trois visites au compteur cette année !

J’aime de SDC , l’escalier du Nord et ses pièges, je connais les meilleures trajectoires dans les parties rapides, et je tente souvent d’en découvrir d’autres.

Tout est une question de rythme et de dosage dans le sentier. Tu veux aller vite, mais tu ne veux pas exploser dans les longues montées.

Alors au final, un poil sous les 1:06, pas vilain. J’ai fait quelques erreurs, j’avais le training de la veille dans les pattes; mais je crois bien être bon pour viser autour de 1:02 la prochaine fois et peut-être sous l’heure à l’automne.

Mais 1 heure, 5 minutes, 55 secondes, (ah! 9ème temps sur Strava), oui, la forme est bonne.

Je courrai le 23 k ce samedi au xTrail.

Le terrain à Sutton est costaud, abrupt, accidenté, glissant.

Comme il pleut pas mal cette semaine, je jubile. Je suis à l’aise quand c’est glissant. Au travers cette macédoine de roches, racines et branches, je vais avoir pas mal de fun.

Je ne vise pas de podium ou résultats, à 47 ans, le bonhomme est pu sur la garantie, et le peloton est relevé, mais je vise un chrono décent.

Je vais pousser fort, donner tout ce que j’ai et on verra pour le chrono et classement.

Pour la première fois depuis un crisse de paquet de lunes.

GAME ON.